Le Grand Trail des Templiers 2018

J’y suis !

Le 21 octobre 03h40, un réveil silencieux sans difficulté dans la tente où nous dormions. Malgré les 5 degrés du petit matin, le stress ( le bon, celui qui te transcende ) qui avait déjà pris possession de mon corps après avoir récupéré mon dossard deux jours avant, me chauffait assez pour ne pas sentir le froid.

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Je me suis inscrit à cette course en début d’année, tous les km parcourus depuis le 1er janvier avaient pour but d’être prêt aujourd’hui, j’étais excité comme un enfant qui attend ses cadeaux de noël. Le Grand Trail des Templiers fait partie des origines du trail, je voulais le vivre pour l’ambiance et le prestige.

J’ai suivi une préparation spécifique intense pour cet événement. Je prends du plaisir avec un dossard quand je cours, en observant l’environnement que je traverse, mais aussi dans la performance que je vais réaliser et l’effort intense qui va en découler. 

J’avais à coeur de me surprendre physiquement pour valider et performer une deuxième fois un trail de 80 km… et avoir un objectif à la hausse l’année prochaine. 

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Je me range dans le sas n°1 et je patiente jusqu’à l’arrivée de ma moitié ( la petite infirmière ) venue m’encourager pour le départ. Il est 5h45, Gilles Bertrand le président de l’organisation du Festival des Templiers fait un discourt touchant, puis l’adrénaline est à son maximum quand la musique d’Era et le décompte retentissent.

Un petit mot pour ma femme, et je m’élance sous les fumigènes rouges sur un rythme actif, mais bien en dessous mon allure marathon.

Ma stratégie est de ne pas partir trop vite ( cela arrive bien souvent à cause de l’adrénaline ) et d’avancer sur un rythme qui me permettra d’être endurant jusqu’au bout des 79 km et 3650 md+. La première partie du parcours ( 45 premiers km ) étant la plus roulante, il faut que je gère mes efforts pour rester compétitif sur les 34 derniers km.

Après une longue portion de goudron, j’attaque la montée de Carbassas, je me sens vraiment bien sur cette première ascension. Je ne ressens pas le besoin de marcher, je déploie de la foulée sans forcer et mes jambes répondent bien. Sans me trouver déjà dans le rouge, j’arrive au sommet serein pour la suite et je mange une boulette énergétique. De là, je cours à travers Le Causse, avec le jour qui se lève à l’horizon, par des pistes forestières.

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Je garde mon rythme, je croise Sylvaine Cussot ( je l’encourage à réaliser une belle course ) et je papote un peu avec un bordelais avant d’amorcer la première descente sur un single

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pour arriver au premier ravitaillement de Peyreleau,

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il y règne une ambiance folle,  où m’attendent ma femme, ma fille et ma mère pour me ravitailler. Jusque là, après 23 km et 763 md+ en 2h12’, tous les signaux sont au vert. Je me débarrasse de ma lampe frontale, des échanges de petits mots avec ma tribu et je repars vers la montée du ravin de Malbouche en direction de Saint André de Vézines.

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Je viens de réaliser un quart du parcours et je reste sur un bon élan. La deuxième ascension se passe très bien, j’arrive à gratter quelques places, je suis confiant pour la suite… puis, en commençant une petite descente la première crampe aux ischio-jambiers de la cuisse gauche arrive. C’est horrible, le muscle se contracte de toutes ses forces et tu ne peux plus bouger la jambe pendant un court moment. J’ai déjà connu ce type de problème, le plus important est de ne pas perdre trop de temps, donc il ne faut pas s’affoler, bien souffler et s’étirer la cuisse doucement et enfin repartir en marchant tranquillement pour ( heureusement ) se remettre à courir.

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Cet incident n’a duré que 5 minutes mais il m’a fait tomber dans le classement, de 150 éme à Peyreleau je me retrouve 180 éme au deuxième ravito de St André de Vézines. Après 35 km et 1474 md+ en 3h41’ et quelques places perdues, je me considère toujours bien dans ma course. Je suis même en avance sur le temps que j’avais prévu, cette première partie de course est vraiment roulante. Mais avant d’arriver au deuxième ravito, pour remplir mes gourdes et refaire le plein de boulettes énergétiques par ma dream team, des troubles intestinaux commencent a gâcher la fête.

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Bref ! Je quitte St André de Vézines où des accordéonistes donnent de l’ambiance, mais plus possible d’attendre, les douleurs intestinales s’accentuent à chaque foulée et même si je n’en ressens pas le besoin, il faut que je m’en assure en trouvant un petit coin pour essayer de faire un petit besoin libérateur. Et pour l’anecdote, je pensais tellement à chercher un coin à l’abri des regards que je suis sorti du parcours sans m’en rendre compte… cette mésaventure m’a fait perdre 6 minutes, rallonger ma course de 1 km et ne m’a absolument pas libéré de mes douleurs intestinales. Heureusement, je retrouve rapidement le parcours mais la portion qui suit est clairement la plus dure, physiquement et mentalement. C’est la première fois que je ressens de telles douleurs au ventre en pleine course, comme si cela ne suffisait pas mes ischio-jambiers sur les deux cuisses étaient au bord de la rupture, et je vous l’avoue, sur ces 15 km et 650 md+ jusqu’à Pierrefiche j’ai douté de moi à arriver au bout mais dans mon esprit il était hors de question d’abandonner. Cela ne m’a pas empêché d’admirer le village moyenageux de Montméjean.

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J’ai serré les dents pour retrouver ma tribu au troisième ravito et prendre un peu de réconfort. C’est là où mon équipe est indispensable, je sais que je peux compter sur elle  pour me booster mentalement, comme Kevin par ailleurs, qui me donnait énormément d’informations et des encouragements par téléphone pendant la course. A ce moment de la course j’ai parcouru 50 km avec 2123 md+ en 5h43’ et je suis 216 éme. Sur ce ravito, j’ai prévu de changer de chaussettes ( ça fait un bien fou ) et même si je perds du temps je ne m’affole pas.

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On avait mis une stratégie en place je change rien, je sais très bien que je ne pourrai pas rattraper le temps perdu. Par contre j’ai modifié la stratégie alimentaire et hydrique; j’arrête les boulettes énergétiques et l’eau glucosée pour des compotes riches en dattes ( stratégie payante puisque je n’ai plus eu mal au ventre ) .

Je serre chaque membre de ma team dans mes bras, et quelques larmes en donnant rendez vous à ma femme à l’arrivée.

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Une nouvelle course démarre ! 

L’orage est clairement passé, je me sens bien et je n’ai absolument plus mal au ventre. Bon j’ai toujours les jambes dans le dur mais c’est normal, elles ont quand même 50 bornes au compteur depuis ce matin, et enfin ma stratégie de partir tranquillement au départ de la course a été réellement payante.

 

Là ou certains marchent dans les côtes et les descentes techniques comme celle du Roubelier, j’arrive a courir ! J’ai même eu droit à un : « T’as encore les jambes pour courir ? » 

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C’est à ce moment là que j’ai senti avoir progresser physiquement par apport à l’année dernière ( Grand Raid des Pyrénées ), même après 60 km j’arrive a produire des foulées en côtes, certes petites, mais bel et bien des foulées, car après la montée de Massebiau jusqu’au dernier ravitaillement des fermes du Cade, de la 216 éme place je me classe 153 éme. 

Sur ce dernier ravito, après 71,3 km avec 3288 md+ en 8h39’, je rempli une dernière fois mes flasques et je m’arrête pour manger. J’ai faim !! Et avant la descente technique du CAF et la montée sur le nez rocheux de la Pouncho d’Agast par le Faux Monnayeur, je dévore tout ce que je trouve ! ( taboulé, pain d’épice tartiné de Roquefort, bananes, chocolat, crêpes et Balisto )

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Il me reste un peu moins de 8 km avec 364 md+, la partie la plus dure du parcours, mais à part une blessure plus rien ne peut m’arrêter, et ça sent bon le sub-10h00.

Go !! J’arrive la famille !! 

La première descente se passe plutôt bien, mais a mis-descente je ramasse une belle contracture de l’adducteur gauche. Une nouvelle fois je ne panique pas, bien qu’elle soit extrêmement douloureuse, j’arrive a marcher pour à nouveau courir avant d’amorcer cette terrible montée du Puncho D’Agast. Et là, croyez moi, c’est dur et interminable ( la montée de la Rhune 1 mois avant m’a bien entrainé ), des marches rocheuses à ne plus en finir et sans s’aider des mains, il est impossible de monter. Avec beaucoup de persévérance

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je parviens au sommet en 9h30’, on y aperçoit le Viaduc et toute la ville de Millau, je descends jusqu’a l’arrivée en passant par la grotte du Hiboux,

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je donne tout ce qu’il me reste dans ces deux derniers km pour finir en moins de 10h00, je me tempère malgré tout car le sol est très glissant

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et dans un dernier effort je monte les dernières marches pour rejoindre l’arche de l’arrivée du Grand Trail des Templiers en levant mes deux poings vers le haut. 

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Je suis FINISHER du Grand Trail des Templiers 80 km ( et oui souvenez vous je me suis perdu ) avec 3658 md+ en 9h51’21’’ et je prends la 136 éme place.

Quel combat, je me suis vraiment battu pour arriver au bout et réaliser mon objectif, l’émotion est à son maximum. Je serre ma famille dans mes bras en les remerciant fortement d’avoir contribué a mon exploit personnel et je récupère ma médaille et ma veste de finisher. 

Je suis très heureux de valider une deuxième fois la distance de 80 km tout en performant car désormais je vais pouvoir revoir mon objectif à la hausse l’année prochaine, dépasser la barre mythique des 100 km en montagne, etc, enfin l’obtention de mes 4 premiers points UTMB sur une course me permet de continuer à rêver pour mon gros projet 2020… 

Remerciements: 

  • Merci à l’organisation et à tous les bénévoles sur les ravitos et sur le parcours de donner autant de votre personne pour nous permettre de prendre un plaisir énorme tout au long de la course.
  • Merci à vous tous pour vos encouragement et vos félicitations pendant et après la course.
  • Et enfin, un énorme merci à ma femme « Sandrine », à ma mère « Maria » et à ma fille « Maëva » de m’accompagner sur mes courses, de vous lever à 5h00 du matin pour m’assister sur les ravitaillements, de supporter le mauvais caractère que je peux avoir quand je ne suis pas content de moi, de m’attendre pendant plusieurs heures jusqu’à mon arrivée et enfin de me donner de votre amour pour m’aider mentalement à être finisher. Ce n’est pas seulement ma victoire mais c’est aussi la notre !
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