MARATHON DE GAVARNIE, 1 ère édition !!

Coucou les Runners !

Enfin je reviens vers vous, pour vous raconter mon récit de course du marathon de Gavarnie qui a eu lieu le 10 juin dernier. J’ai pris du temps effectivement, mais j’ai une vie de famille et professionnelle bien remplies. De plus, avec ma préparation pour le Grand Raid des Pyrénées  » Le Tour des Lacs « , cela me laisse pas beaucoup de temps de libre pour écrire. Il se trouve que je viens de contracter une blessure, je vais pouvoir récuperer malgré moi et de ce fait, écrire mon récit.

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Donc me voilà parti pour Grust, un petit village au dessus de Luz-Saint-Saveur dans les Pyrénées avec ma fille, ma femme et ma mére, mes trois fans les plus assidues, deux jours avant afin de bien prendre notre temps pour profiter un peu de l’environnement et de ne pas cumuler de stress avec le voyage.

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Jeudi, nous en profitons donc pour faire une balade au plateau de Lienz, et je profite de l’occasion pour faire une sortie de 1h15 jusqu’au col d’Ayré pour me mettre un peu de denivelé positif et négatif dans les jambes avec de l’intensité. Je ne suis pas allé à la montagne depuis septembre dernier, et ce fût un très bon rappel. Les côtes sur lesquelles je m’entraine à Bordeaux ne pourront jamais remplacer la « montagne » aussi bien en descente qu’en montée.

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Vendredi, nous avons fais de même, une bonne balade autour du lac des Gloriettes, jusque là nous avons de la chance, le soleil est au rendez-vous. Puis dans l’aprés midi, nous nous rendons sur Gavarnie pour récupérer mon dossard. Je sens que je suis au pied de mon plus grand Trail en montagne tant par la distance que par le dénivelé positif (42.7 km avec 3000 md+). Et je peux vous assurer que, autant j’étais serein pour mon premier marathon ( d’atteindre la ligne d’arrivée ) que là j’étais plus inquiet.

J’ai la pression !!

Le soir, veille de course, je prépare mon équipement au calme, je me mets dans une bulle afin de ne prendre aucun stress. Le départ de la course est à 6h00 du matin et j’ai 35 min de voiture pour me rendre sur place, si je rajoute l’échauffement, il me faut arriver à 5h15 pour être parfaitement serein avant le départ, donc autant vous dire que le reveil va sonner tôt ( 3h45 ) .Au diner je mange un filet de poulet avec des pâtes complétes et je file au lit.

3h00 le réveil sonne, sans broncher je me léve et je mange deux tiers de mon gâteau energétique, aussitôt je replonge dans mon lit pour 45 min.

3h45 le réveil sonne à nouveau,  » mais cela fait 5 min que je me suis recouché ?  » non, il est bien 3h45… c’est parti, c’est le jour J ! Ce soir si je réussis, je me sentirais plus grand et fier de mon exploit. Après m’être préparé, je m’échappe en douceur vers Gavarnie. A cette heure-ci, une belle lune illimunine les montagnes, tant mieux cela envisage une belle journée… chaude.

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Une fois sur place, je m’équipe de mon camelbak, et je me lance dans mon échauffement. Dans 30 minutes, je vais m’élancer sur ma plus belle course en trail running et je me sens bien, sans crainte, peut-être que l’amour et le respect que je porte à la montagne y sont pour quelque chose, je me sens comme dans un cocon.

6h00 !!

Allez le départ est donné, je pars pour une boucle de 42,7 km avec 3000 md+ !

Beaucoup de trailers avec l’euphorie partent vite, je me fais doubler par beaucoup de coureurs, mais je ne m’alarme pas , la course est longue, je veux arriver au bout, il y aura de nombreux obstacles à monter. Sur ce profil de course, il faut gérer ses efforts, il ne faut pas que j’essaie de déployer de la vitesse mais plutôt que je sois endurant… jusqu’à la fin. Les cinq premiers kilométres sont faciles, le début du parcours nous fait traverser Gavarnie, c’est relativement plat (127 md+) , et cela permet de faire tourner les jambes sur un rythme cool et de finir l’échauffement avant d’arriver dans le dur.

Puis je sors de la route pour prendre un sentier, la course commence maintenant !

Plus personne ne court, tout le monde marche, assez rapidement quand même, je pense que mis à part les élites, nombreux sont ceux qui vont adopter ma stratégie, s’économiser en montée et courir sur les faibles pourcentages de pentes et les descentes.

Sacrément pentu tout de même, la première difficulté de ce marathon fût l’ascension du Pic de la Pahule, 3 km avec 830 md+ ( presque un km vertical ) , heureusement qu’il est encore tôt, il ne fait pas trop chaud, c’est dur mais je me cale bien avec mes batons, je manque deux ou trois fois de partir en arrière avec des appuis fuyants, faut dire que la dernière partie est trés raide… 50 %. Aprés 8km et 950 md+ J’arrive en haut du pic en 1h26min , j’ai fait un tiers du dénivelé et je me sens encore frais.

Et j’amorce la première descente jusqu’au premier ravito à la station de Gavarnie. Je m’arrête deux minutes, je prends un gel, je mange un bout de banane, je rempli une flask et je repars, pour le moment tous les voyants sont au vert.

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Je repars sur une partie un peu transitoire, montée et descente avec de faible pourcentage, mais il fallait avoir les chevilles solides. En effet à partir de là, il y avait très peu de sentier, essentiellement des pâturages, courir dans des mottes d’herbe avec des pierres bien dissimulées, des descentes techniques sont sans cesse à 45 degrès, c’est très exigeant pour les jambes et usant sur le mental.

Je rejoins le deuxiéme ravito  » la Cabane de Mihas  » au bout de 15,6 km et 1270 md+ en 2h29min. Même opération, un gel, un peu de solide, je remplis mes deux flask et je repars.

Cette fois ci la fatigue se fait ressentir, mais je me sens bien et tant mieux parce que maintenant, j’ai le col d’Aspé à monter 2,7 km avec 590 md+, 30 % de pente en moyenne. Cela tire trop sur les mollets, impossible d’aligner des foulées. Le soleil fait son apparition, il fait chaud, pour cette montée je commence à puiser dans le mental. Je me fais doubler par quelques concurrents, je prends un coup au moral, mais je me laisse pas aller, je lâche rien et j’avance sans m’arrêter. Le col d’Aspé fait son apparition, 47 min !

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Je suis à 3h15min de course, alors sans broncher j’attaque la descente, je me sens mieux que certains sur cette partie puisque les mêmes qui m’ont doublé dans l’ascension je les rattrappe sur la descente. Et c’est parti, pour une descente de 10 km avec 900 md- pour rejoindre le troisiéme ravito aux  » Granges de Saugué « , il y a pas de difficulté particulière mais c’est toujours aussi usant de courir dans ces pâturages à vaches.

J’atteinds les granges en 4h13min, physiquement je me sens touché, cette fois-ci je prends mon temps au ravito, mon objectif est d’atteindre la ligne d’arrivée alors je détends un peu mes jambes… 6min d’arrêt.

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Je vais mieux, cette pause m’a fait le plus grand bien, allez encore 2.5 km avec une petite côte de 90 md+ et je suis au quatrième ravito de Gavarnie. Et pourtant cette petite portion m’a fait douté, deux crampes au ischio jambier, il n’y a rien à faire a part s’arrêter, tendre la jambe et attendre que cela aille mieux. J’ai peur de devoir abandonner mais je sais que ma petite tribu m’attends à Gavarnie, alors je m’accroche et tant bien que mal je les retrouve au bout de 30 km avec 2000 md+ en 4h42min.

Que je suis heureux d’avoir déjà réalisé cette partie du marathon, il est plus question de barrière horaire désormais, ma famille m’encourage de toute leur force, je refais le plein d’energie positive et quand ma femme me dit:  » Tu es 58 ème ! « 

J’en crois pas mes oreilles!!! Il est vrai que je donne le meilleur de moi-même, mais je ne pensais pas être aussi bien classé. Je deviens euphorique à l’idée de finir mon premier marathon en montagne sur cette position, nous étions 500 au départ.

Voilà je suis au pied du dernier obstacle, atteindre le  » Pain de Sucre « . Une ascension de 7 km avec 1010 md+. La premiére partie est un chemin forestier de 3 km, j’ai plus rien dans les jambes en montée, mais je me convains de faire un effort sur cette partie.Si je peux mettre de la distance avec ceux qui sont derriére moi c’est bien ici. Alors je monte ce chemin en mode fractionné, je cours sur 200 m comme je peux et je récupére sur 100 m en marchant. C’est une technique qui marche bien, j’arrive au bout en 40 min et 370 md+ de plus dans les cuissots. Par ailleurs, le dernier ravito s’y trouve. Contrairement aux autres ravitos, je vais assez vite pour m’alimenter et m’hydrater, je veux vraiment garder mon classement. Le simple objectif d’être finisher est déjà extra mais si je peux faire un joli classement, se serait la cerise sur le gâteau.

Et c’est là, au 36 ème km que le voyage interieur commence. Les trois derniers km avec 620 md+, à bout de force, je donne tout ce que j’ai dans cette ascension finale, il fait une chaleur torride, j’ai chaud, j’avance sans même savoir comment, il est clair que mon plus fidèle allié sur cette montée était mon mental. Ce fût interminable, sur la derniére côte (50 % ), je me souviens avoir laché quelques larmes… j’ai traversé l’enfer !

J’arrive au sommet, 39 km avec 3046 md+ en 6h46min, je me sens soulagé, je sais que désormais j’ai mon ticket pour la ligne d’arrivée en poche même les 3,5 km avec 900 métres de descente n’auront pas raison de moi.

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Je vous en ai déjà parlé lors de mon récit sur le marathon de Bordeaux, le cerveau peut avoir une puissance fulgurante sur le corps et trouver des forces cachées quand il sait que l’on arrive à la fin. Ce fût le cas, cette descente cassait encore un peu plus mes quadriceps, mais je tenais bon, pas de crampes, et je déroule ces 3 derniers km sans broncher mais qui furent tout de même long.

Quand j’arrive à Gavarnie, il me reste 500 m pour atteindre la ligne d’arrivée, je prends mon temps, je veux apprécier ce moment, je sais que j’ai réussi ma deuxiéme marche avant le Grand Raid des Pyrénées, le public nous encourage a coup de  » Bravo !! « , un vrai régale !!

J’aperçois ma femme et ma fille qui courent les cent derniers métres avec moi, je vois ma mère m’attendre sur la ligne d’arrivée, je la franchis avec des larmes de joie.

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Quel bohneur !! J’ai tant d’émotion qui me traverse le corps, je l’ai fait !! le Marathon de Gavarnie, 42.7 km avec 3030 md+ en 7h21min et je finis 58 ème sur 500 trailers au départ sans pépin physique.

Bien plus qu’à Bordeaux, l’émotion était immense, réaliser cette distance avec mon premier amour « La Montagne » fût ma plus grande fierté sportive.

Usé et fatigué, je manque pas d’embrasser les miens, ma fille, ma femme, ma mère qui m’ont soutenu sur ce marathon et, qui m’ont apporté une assistance, avant ,pendant et après, sans faille.

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J’ai réussi à monter ma deuxiéme marche et maintenant je sais que je vais pouvoir me préparer sereinement et sérieusement pour le Grand Raid des Pyrénées :« le Tour des Lacs 80 km – 5000 md+ « .

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2 réflexions sur « MARATHON DE GAVARNIE, 1 ère édition !! »

  1. Ce récit est époustouflant de vérité, on a l’impression de faire la course avec toi ! ! C’est un véritable exploit ce que tu as accompli là, rien à voir avec les autres courses que tu as faites jusqu’à présent . Bon courage pour le GRP , ça va le faire ! ! J’ai confiance dans ton courage et ta témérité ! Go !!!!!!!

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