JE SUIS MARATHONIEN!!!

Coucou les Runners!

Ce marathon de Bordeaux Métropole, mon premier, fût fantastique. Mais j’ai clairement vécu deux courses; une ou j’étais en parfaite aisance respiratoire et musculaire et une ou c’était un voyage intérieur, pour arriver au bout des 42,195 km.
Pourtant c’était pas gagné d’avance, avec un accident de la route et un coup de lapin cinq jours avant le jour J, cela avait amené beaucoup de stress, et malgré une bonne confiance accumulé au cours de ma préparation, quelques doutes ont submergé quand à la possibilité d’être au départ de l’épreuve. Mais un jour avant l’épreuve, tout allait pour le mieux. En pratiquant un footing de 30 min en guise de  » warm-up « , ma confiance resta intact et ma motivation à nouveau au top.

Étrangement je ne ressens aucune pression, l’adrénaline et l’excitation sont bien présentes, mais je me sens apaisé, calme, et pourtant dans moins de huit heures je vais être au départ de mon plus beau challenge depuis mes débuts dans le running.

  • 12h00… je prépare mon équipement qui est composé de 1 short Nike, une paire de chaussettes Adidas, un débardeur, une montre Suunto , une ceinture Overstims pour porter mes gels (qui fût par ailleurs une belle erreur, je vous expliquerais plus bas) et bien sur mes running-shoes Adidas Boston Boost.Je pris la décision de pas prendre de gourde à eau, à partir du 5ème km, un point d’eau se trouvait tous les 2,5 km, c’était suffisant pour bien m’hydrater et sans ma gourde c’est quand même 700 gr de moins au départ.
  • 17H00… après avoir fait une petite sieste, je mange du gâteau énergétique Overstims, je met mon équipement, accroche mon dossard, et je pars pour Bordeaux avec Kevin et toute notre tribu qui vient nous encourager.
  • 19h00… fichtre ! il y a du monde !! Effectivement La  » Place de la Bourse  » est envahie de runners et de public. Ce fût dur de s’échauffer convenablement, mais petite surprise, on croise Yoann Stuck. Impossible de résister à une bonne poignet de main, ce gars est vraiment aussi gentil en vrai que sur ses vidéos sur les réseaux sociaux.

18072414_1412412862172400_1860076527_n

  • 19h30… les sas ouvrent, je m’y rends aussitôt après avoir embrassé ma femme et ma fille. Mon objectif sur ce marathon était de 3h00, donc par chance je me situais dans le sas élite, ce qui m’éviteras d’être freiner par la masse du peloton (21 000 coureurs au départ).
  • 20h00… Je me surprends moi même, un cardio calme, et pourtant on y est, le moment de vérité, ce pourquoi je me prépare depuis trois mois et demi. Je m’élance à mon allure sans me faire piéger par l’adrénaline, je pars pour 42 km et il est très important que je gère mes efforts.

18109730_1412411022172584_2018978394_n

Je me sens vraiment bien, les km défilent entre 4’10 et 4’15, je passe le  » Pont Chaban Delmas  » et j’arrive au premier ravito… je passe au 5ème km en 21’00 et je prends mon premier gel avec un verre d’eau et je vais répéter ce plan tous les 5 km. Une chance que ce marathon soit en nocturne, la température est fraiche, et je n’ai absolument pas chaud.
J’arrive au  » Pont de Pierre « … impressionnant ! On aurait pu se croire sur un col d’une étape du Tour de France, un public en masse pour encourager tous les coureurs, j’avais jamais vécu cela encore, que c’est bon !

18136754_1412411978839155_1985247729_n

Je prends la bifurcation marathon et de suite l’espace se fait sentir sur le parcours, effectivement sans les 14 000 semi-marathoniens tout est plus clair devant soi.
Je sors de Bordeaux et le 10 km est avalé en 41’48, je me sens toujours en super forme et j’avance très bien, je suis sur du 4’11 au km… j’avale mon deuxième gel avec un verre d’eau, plus qu’a continuer comme ça.
Passage en 1h02’48 au 15ème km, tout va toujours très bien, mon cardio est bas, je passe sur la zone des châteaux, ça monte ça descend, j’y laisse pas mal d’énergie et j’espère ne pas le payer en fin de course. Je suis bel et bien sorti de Bordeaux, il y a clairement moins de moins de monde et tout est plus calme.
Mais le destin a voulu que ce marathon ne soit pas facile pour moi et en passant dans le parc du château  » Pape Clément  » , pour la énième fois je pousse mes gels vers l’arrière et là, le bouchon d’un gel se casse et le contenu se vide sur ma jambe, plus précisément sur l’arrière du genoux. Cela colle horriblement et j’ai du produire un effort supplémentaire pour bien étirer ma jambe à chaque foulée. Mon erreur avec cette ceinture, je l’avais jamais testé à l’entrainement et je me serais forcément rendu compte que les gels m’auraient frotté les avants des bras à chaque mouvement . Cette boulette m’a couté en énergie et produit du stress… pas top.
Le semi est atteint en 1h28’12 et je cours encore très bien malgré ce sucre sur ma jambe. Je suis toujours sur les bases de mon objectif de 3h00 , même mieux, je suis à 4’10 au km et je suis sur une base de 2h57.

Au 25ème km 1h44’36, je suis toujours bien au niveau du chrono, mais je commence à sentir une légère fatigue. Tout de même rien d’inquiétant, j’arrive encore à bien dérouler mes foulées et je m’apprête à faire mon retour sur Bordeaux. Le public sera de nouveau présent et cela me donnera un regain d’adrénaline.

18110747_1412412238839129_1777154587_n

Le 30ème km arrive sans malheur en 2h05’48, à ce moment là je suis heureux, il me reste 12 km, une foule de gens des deux côtés du parcours qui crient pour nous encourager, je suis toujours en bonne position pour mon objectif, mais quand arriva le mur, ce fût tout autre chose. Un faux plat a eu raison de moi au 32ème km, et je ne m’en remettrais jamais. Je ne pouvais pas maintenir mon allure, chaque km devint une bataille. A partir de là, je suis déconnecté de tout, les gens sont là, m’encouragent mais je n’entends que des gémissements; des enfants tendent leur mains pour une tape d’encouragement mais je n’ai même pas la force de dévier de ma trajectoire pour leur faire plaisir. J’étais comme dans une position de pilote automatique qui me permettais d’avancer sur une allure de croisière et je me disais sans cesse que je n’abandonnerais pas.

Le 35ème km franchit en 2h28’24, à ce stade je suis encore bon pour les 3h00, mais après avoir marché au ravito pour boire un verre d’eau, j’étais plus capable d’accélérer. Au fond de moi, je savais que cela allait être dur de finir mais un marathon ça se mérite. Pour m’aider à courir, je me dis que c’est la fin d’un exercice et que je suis sur un retour au calme. J’avance péniblement, je suis désormais à 5’00 au km.

Et là voila j’y suis, le dernier ravito, La  » Place du Grand Théatre « , le km 40 en 2h53’12. Le plus beau moment de ma course. Je suis vidé, je sens que j’ai le regard flou, une foule en masse, les gens crient pour encourager les runners, je ne suis pas seul mais je prends les ovations comme si je l’étais, je veux savourer ce moment. Pour boire mon verre d’eau, je marche, je veux en profiter un maximum, j’ai jamais vécu ça et c’est un régal !
Ces deux derniers km sont pour moi. Je veux prendre un maximum de plaisir. Je monte « le Cours de l’Intendance » qui est illuminé comme jamais. J’ai tout donné et pourtant je retrouve des forces, je me sens plus léger, c’est fou comme le pouvoir du cerveau est puissant sur le corps, il comprend que c’est la fin et il lâche tout ce qui reste. Je sais que je vais échouer dans mon objectif de 3h00, mais c’est pas important en fin de compte. Je vais arriver au bout, je vais franchir cette mythique ligne d’arrivée, et de réaliser que je vais être finisher sur mon premier marathon prend le dessus sur le chrono qui en faite est bien relatif par rapport à l’exploit personnel que je réalise.

Quand j’arrive au km 42, que j’aperçois l’arche de l’arrivée, je me sens épanouis, je retrouve des forces, j’aperçois ma femme, je lui fais signe du doigt pour lui dire que j’ai réussi et le chrono au bout affiche 3h06’04… Je suis marathonien !

18136834_1412412518839101_344025317_n

Je suis ému, je me mets à genoux, comme pour figer le temps pour encore plus apprécier cette victoire sur moi même, je l’ai fait, j’ai réussi pour ma première tentative à franchir la distance reine de l’athlétisme. En prenant ma médaille, quelques larmes de joie se mettent à couler et je sers ma femme et ma fille dans mes bras. Une bonne accolade avec Kévin, lui aussi à réussi son semi, quelle joie pour la team  » Basic Runners « .

Mais la joie est de courte durée, je me retrouve avec des jambes tétanisées, elles sont raides, je me sens vidé de toutes mes forces et l’envie de vomir est au maximum.
De retour à la maison, nous célébrons notre réussite avec une bonne bière et un bon plat de pâtes. Ce fût une belle victoire pour la team !

18110501_1412433478837005_1352954335_n
Avec l’expérience acquis lors de ce marathon, je suis sur que de passer sous les 3h00 sera atteignable lors de ma prochaine tentative, mais maintenant je vais récupérer !

Mes 10 km intermédiaires:

  • De 0 à 10 km en 41’48
  • De 10 à 20 km en 42’00
  • De 20 à 30 km en 42’00
  • De 30 à 40 km en 47’24
  • Le marathon 42,68 km en 3h06’04 et je termine à la 71ème place sur 2236 finishers
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s