Marathon de Nantes, une victoire  » amère « 

l’année dernière, une journée de septembre, Mathieu de Upperwestguys ( un ami ) m’appelle et me propose de participer au marathon de Nantes. Il a deux invitations… et une invitation ça ne se refuse pas !

Tout fraîchement sorti du Grand Raid des Pyrénées, j’étais vraiment heureux de partir sur ce challenge. Après les 84 km et 5150 md+ du GRP, mon premier ultra trail ( et oui, à partir de 80 km on est sur de l’ultra trail ), j’avais a cœur d’améliorer ma  » vma  » ( ou vo2 max ) et ma  » puissance lipidique  » pour être plus performant sur les longues distances.

Et quoi de mieux qu’une grosse préparation marathon pour progresser sur ces deux facteurs ! Alors je me lance !

Du mois d’Octobre au mois de Décembre, je décidais de travailler ma vma sérieusement comme jamais avec en moyenne 8 entraînements par semaine. Cette préparation représenta en volume 1204 km.

Et du 9 Janvier jusqu’au 19 avril, la suite de mon entraînement passa sur la préparation spécifique ( travail de l’allure marathon et de la puissance lipidique ), avec en moyenne 10 entrainements par semaine sauf sur semaine de récupération et régénération. Cette préparation représenta en volume 1937 km.

Les deux additionnés cumulent 3141 km de volume d’entraînement.

Je sais, ça fait beaucoup mais j’ai pris ce risque pour deux raisons:

-La première c’est que je suis un compétiteur et participer à ce marathon était synonyme de gros objectif… passer sous les 3h00 ! et je voulais vraiment m’en donner les moyens.

-La deuxième c’est que juste après ( avec une bonne coupure ), je bascule sur le Trail, et toute cette préparation volumineuse ne pourra que me permettre d’acquérir de très bonnes bases d’endurance et de mieux lutter avec les longues distance et les côtes qui m’attendent par la suite, notamment au Grand Trail des Templiers le 21 Octobre.

Je savais que je pouvais prendre un risque de surentrainement, ce qui m’est arrivé d’ailleurs en toute fin de préparation ( baisse de tension artérielle et tendinite a la cheville droite ), mais comme on dit  » Plus l’entrainement est dur, Plus la course est facile  »

De plus après avoir battu mes records sur 10 km le 11 fevrier avec une allure à 3’43 min/km et sur semi-marathon le 24 mars avec une allure à 3’49 min/km, j’ai revu mon objectif à la hausse… un tort je pense. J’ai travaillé une allure spécifique depuis deux mois et j’aurais du rester sur mon plan initial ( première leçon que je tire de ce marathon ), mais jusque là tout était parfait. j’enquillais les kms avec tous les voyants au vert au niveau physique et je réalise des records persos.

10 jours avant le départ, je commence l’affûtage et mis à part ma tendinite que j’arrivais a supporter sur mes quelques sorties, je commençais à avoir des fourmis dans les jambes, la surcompensation fonctionnait. J’étais au taquet et prêt pour affronter les 42,195 km Nantais.

La seule mauvaise nouvelle fût la météo. Après une préparation sous des températures hivernales durant 5 mois, le soleil décide de faire son apparition maintenant… 5 jours avant le marathon. Et c’est indéniable il va faire très chaud !!

Voila je vous résume grossièrement toute ma préparation et mes ressentis d’avant course pour que vous sachiez ou je me situais au niveau physique et mental à 9h30 au départ du marathon de Nantes.

On y est dimanche matin, avec Mathieu on se place dans le sas 3h00, on échange un peu, on rigole mais on sait que ça va être dur. Un marathon, il faut être capable de courir à intensité maximale de ses capacités du moment sur la distance reine de l’athlétisme… 42 km.

9h30… GO !!!

je m’élance a la bonne allure et je fais attention, avec l’euphorie, de ne pas partir trop vite. Je me sens vraiment bien sur les premiers km, par contre dans les trois premiers km, je commence à manger des casses pattes  ( faux plat/ pont ), et quand je vois le panneau 3km/ 35km, je sais déjà que la fin se fera au mental pour tenir mon objectif.

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Les 5 premiers kms en 20’24 » ( 4’04 min/km ) se passent super bien, nous sommes dans le centre ville de Nantes et les grandes battisses nous protègent du soleil, on court à l’ombre et c’est cool !

On traverse le Jardin des Plantes, même dans ma bulle j’ai pu remarquer que ce parc était très beau, puis j’arrive dans le coeur du centre ville de Nantes… quelle ambiance !!

Le public Nantais est là et franchement c’est agréable ! Je dois passer trois fois par cette zone, si je suis dans le dur le public pourra me rebooster.

Je déroule les kms et tout va bien, j’arrive sur les quais au 10 éme km en 40’24 » ( 4’02″/km ), je suis dans mon tempo, mon allure objectif et j’ai plus qu’à me caler sans chercher de complication. je sais qu’à ce moment je me suis dit :  » Aller Thomas ! encore 32 km, pendant ta préparation t’as rentré des sorties de 36 km sans taper de mur, il n’y a pas de raison, ça va rentrer !!  »

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Par contre, c’était sans savoir que une fois sur les quais deux éléments allaient changer les choses. Désormais plus d’ombre, le soleil frappait fort sur la tête et le corps et croyez moi on le sent de suite et enfin un vent de face qui, certes rafraichissait un peu, demandait de forcer pour tenir mon allure. Ce fût déterminant pour la suite.

Mais j’arrive au 15 éme km en 1h00’24 », je tiens toujours la bonne allure, je prends mon 1er gel et aucun signe de fatigue dans mes jambes, mais je ne vous cache pas que ma tendinite, elle, je la sens à chaque foulée. J’essaie juste de pas me focaliser dessus.

Encore 27 km et pour le moment je prends un plaisir énorme !

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Le parcours nous fait ensuite passer par la  » Maison des Hommes et des Techniques  » ( les machines de l’île ) et quel plaisir de passer devant  » Le Grand Éléphant « , ses 12 mètres de haut impressionnent et quel régal pour les yeux.

Par contre le pont « Anne de Bretagne « , il fait très mal, premier ralentissement dans mon allure, mais tout va bien et je prends mon deuxième gel. Je passe le semi en 1h25’24 », et je suis parfaitement dans ma stratégie. Réaliser deux semi sur la base de ce chrono.

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Puis rebelote, retour sur les quais… retour de la chaleur et du vent.

A partir de la une nouvelle course commence, je sais que le plaisir est fini, il va falloir y aller au mental. Je pense plus à 2h55 mais au moins passer en dessous de la barre des 3h00.

J’arrive au 25 éme km en 1h41’48 », mon allure moyenne baisse mais si je tiens le coup, les 3h00 sont dans la poche. Mais qu’est ce que j’ai chaud, c’est dur et je lutte vraiment pour continuer à courir 14,5 km/h.

Deuxiéme passage devant le Grand Éléphant et il aura eu raison de moi !

Qu’est ce qui m’arrive ?! ce n’est pas possible, je commence a ressentir des picotements dans les cuisses et les mollets, mes jambes sont lourdes, je n’y arrive plus. J’ai chaud, j’ai mal à la cheville et mes jambes n’avancent plus…

30 éme km… BIM !!! je me prends le mur… explosion net !!

C’est fini, je vais abandonner, c’est certain. Mon corps est en black out total, je marche, bordel de bordel !! je marche !!

Et c’est maintenant que mon plus fidèle allié arrive… mon mental qui a déjà fait si souvent ses preuves, je sais que je peux compter sur lui !

Je me reprends, il me reste 12 km, ce qui représente une sortie de 1h00, je dois pouvoir le faire !!

je suis à 2h06′ de course, je devrais arriver vers 3h06′. Il n’est plus question de la barrière des 3h00 mais d’être finisher maintenant et je prends mon gel.

Je ne vais pas pouvoir vous dire grand chose par la suite, juste que j’ai énormément souffert pour arriver au bout. Quand le meneur d’allure 3h00 me double, je sens une réelle déception, je m’étais tellement entrainé pour y arriver. J’ai pourtant essayer de le suivre, mais bordel, encore un pont, je marche.

35 éme km crampe au quadriceps gauche, 38 éme km crampe au quadriceps droit… quel enfer !! je marche à plusieurs reprises en me massant les cuisses pour faire partir les crampes plus vite et la chaleur n’arrange rien.

Heureusement que le public nantais et les bénévoles donnent de leur voix, grâce à ça j’ai pu me relancer dans ma course. Au 40 éme km, je suis heureux, je sais que le plus dur est fait, en passant devant le ravito je hurle de joie, j’arrive même à accélérer… la puissance du cerveau !!

C’est fou comme il peut agir sur le corps, il comprend que c’est la fin et il lâche tout ce qui reste.

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Ces deux km sont un véritable régal, c’est toujours aussi dur mais j’en profite, je sais que je vais finir, les nantais m’encouragent et j’adore ça. J’arrive en larmes sur ce magnifique tapis rouge à 43,1 km en 3h09’05 » à la 110 éme place sur 2950 finishers ( 600 abandons ).

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Quel kiffe !! Je veux profiter de ce moment, avant de prendre ma médaille, je m’allonge par terre, visage face au ciel et je me mets à rêvasser pendant un moment… merde ! je l’ai mérité !

Puis sans perdre de temps je rejoins ma tribu en larmes et je les sers fortement dans mes bras.

j’ai tout donné, j’ai puisé comme jamais pour aller chercher ce petit beurre.

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Je ne vous cache pas que sur le coup j’ai ressenti de la déception, mais après coup j’ai réalisé que ce marathon fût une belle victoire contre moi même avec malgré tout… un goût amer.  Vu les conditions du jour mes intentions étaient trop élevées, la barre des 3h00 se sera pour la prochaine fois.

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Avec de tels épreuves on en sort toujours grandi, et pour se consoler, une course ratée est un entrainement réussi.

Et pour l’anecdote, Mathieu a terminé son premier marathon.

 

 

 

 

 

 

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Gâteau Énergétique

Vous avez un semi, un marathon, un trail ou une sortie longue de prévue très tôt en matinée ou alors en fin d’après midi ?

Vous voulez vous lever le plus tard possible sans avoir un petit déjeuner à préparer 3h00 avant la course ?

Un plat lourd, vous n’avez pas envie de manger un plat de pâtes à 17h00  ?

Alors le gâteau énergétique est la solution !

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Qu’est-ce qu’un gâteau énergétique ?

C’est un « gâteau de l’effort »  dont la composition permet de remplacer les aliments habituels du dernier repas avant l’effort. Ce cake doit fournir une qualité calorique et nutritive suffisante pour assurer et garnir vos réserves de sucre musculaire et hépatique.

Afin d’éviter coups de pompe ou assurer une performance sportive, prendre un petit déjeuner est votre meilleur allié. Si votre sortie est très matinale, si vous n’avez pas le temps disponible pour prendre un vrai repas, préparez à l’avance un « gâteau énergétique ».

Digeste, il se consomme 1h30 à 2h00 avant la course (au lieu des 3h avec un petit déjeuner classique). C’est un peu de sommeil de gagné.

Un gâteau de faible volume, digeste avec un max d’énergie.

Pour 3 parts

  • 150 g de farine complète
  • 30 g d’amande ou de noisette en poudre
  • 75 g de sirop d’agave
  • 1 sachet de levure
  • 150 g banane
  • 200 ml de lait 1/2 écrémé
  • 1 œuf entier + 1 blanc
  • 1 pointe de couteau de cannelle en poudre (1/4 de cuillerée à café)
  • 1 pincée de sel

La préparation

  • Dans un premier récipient, mélanger de façon homogène farine, poudre d’amande ou de noisette, levure, cannelle. Tamiser l’ensemble
  • Dans un second saladier, battre énergiquement l’œuf entier avec le sirop d’agave.
  • Battre le blanc en neige avec la pincée de sel dans un récipient à part, puis l’incorporer délicatement au mélange.
  • Verser délicatement la 2ème préparation à la 1ère, et mélanger.
  • Ajouter progressivement le lait à l’ensemble.
  • Ajouter la banane coupée en rondelles à la préparation.
  • Verser la pâte dans un moule à cake préalablement beurré.
  • Enfourner le plat à 160-180°C (Thermostat: 5-6) dans un four préchauffé (40 minutes de cuisson).
  • Pour tester la cuisson, piquer la lame d’un couteau à l’intérieur: c’est cuit lorsque la pâte n’y adhère plus!

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Astuce: vous pouvez mettre 100 g de farine complète + 50 g de farine normale pour que le gâteau soit moins compacte.

Une fois cuit, vous le coupez en trois et une part équivaut à un repas ( le reste se congèle très bien en sachet congélation pour la prochaine fois ).

Bonne dégustation !

 

 

Lucky & Kévin des Basicrunners avec Pumarunyourway

Salut les copains!

Avec mes projets actuels je n’ai pas eu trop le temps de vous parler un peu de mes aventures!

Et cette fois-ci je vais vous parler d’une marque en particulier, Puma!

Continuer à lire … « Lucky & Kévin des Basicrunners avec Pumarunyourway »

COURIR POUR MINCIR

Coucou les Runners !

Souvent, après mes sorties, je vous explique que lors d’une sortie à jeûn ou même sur une sortie en endurance fondamentale il est important de courir lentement, à une faible intensité .Courir à une fréquence cardiaque faible améliore votre endurance, habitue votre organisme à utiliser l’énergie lipidique ( graisses ) et donc à mincir.
Mais le sujet que je veux traiter avec vous sur cet article c’est  » MINCIR « .

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On va pas se mentir, la majorité des gens qui ont commencé à courir n’ont pas débuté le running pour l’envie de courir mais pour perdre du poids donc pour maigrir ou pour contrôler leur masse.
Quand vous courez votre corps fait appel à trois sources d’énergies: les glucides, les protéines et les lipides (graisses), mais principalement les glucides et les lipides.
Que vous couriez 15min, 30min, 45min ou 1h, votre corps va brûler des calories (  énergie ).

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Vos réserves de glucides sont  l’énergie priviligiée à l’effort, car rapidement disponibles pour votre organisme, elles vont toutefois rapidement s’épuiser car elles sont trés faibles ( centaines de grammes ).Puis votre corps va faire appel aux graisses pour continuer de distribuer de l’énergie et de courir. Il faut compter 40min pour vider vos réserves de glucides et commencer à sérieusement taper dans la graisse.

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Rassurez vous, même en courant 30min vous brûlez des graisses, mais la quantité est très faible. Et plus que la durée de votre sortie, ce qui va réellement impacter l’utilisation des graisses est l’intensité de votre effort.
Effectivement si dès le début de votre run les glucides et les lipides sont utilisés, plus l’intensité est élevée plus l’utilisation des glucides sera importante et inversement, plus votre intensité sera faible plus vous utiliserez des lipides ( graisses ).

Mais quelle est l’intensité idéale pour brûler des graisses ?
Il est reconnu que cette intensité, appelé  » LIPOMAX « , se situe entre 50 et 60 % de votre Fréquence Cardiaque de réserve.

Voici comment la calculer :

Fréquence Cardiaque de travail à Lipomax = [ ( FC Max – FC Repos ) x 0,5 ] + FC Repos

Prenons pour exemple ma FC Max ( 194 ) et ma FC Repos ( 42 ).
Ma FC de réserve: 194 – 42 = 152 battements/min ( bpm )
Ma fréquence cardiaque basse à Lipomax: (152 x 0,5 = 76 bpm ) + 42 = 118 bpm
Ma fréquence cardiaque haute à Lipomax: ( 152 x 0.6 = 91 bpm ) + 42 = 133 bpm
Ma zone de fréquence cardiaque à Lipomax se situe entre 118 et 133 bpm

Vous savez désormais mesurer l’intensité d’effort et votre allure de course pour maximiser le brûlage des graisses.

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Rassurez vous, le Lipomax n’est pas la seule méthode et elle en est une parmi tant d’autres et tant que vous courez à 70 % voir moins, vous verrez des progrés sur votre balance rapidement.
C’est une méthode assez extrême, je le conçois, l’allure de course à cette intensité doit être faible, très faible, et cela peut devenir lassant. Mais si votre objectif prioritaire est de perdre du poids alors je vous conseille de travailler de temps en temps à l’intensité Lipomax.

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Perdez pas de vue non plus que quand vous réalisez des séances à très hautes intensités ( séances fractionnées ), votre corps brûle des graisses après la fin de l’effort ( au repos ) jusqu’à 15-20% en plus qu’à la normal.

 

MARATHON DE GAVARNIE, 1 ère édition !!

Coucou les Runners !

Enfin je reviens vers vous, pour vous raconter mon récit de course du marathon de Gavarnie qui a eu lieu le 10 juin dernier. J’ai pris du temps effectivement, mais j’ai une vie de famille et professionnelle bien remplies. De plus, avec ma préparation pour le Grand Raid des Pyrénées  » Le Tour des Lacs « , cela me laisse pas beaucoup de temps de libre pour écrire. Il se trouve que je viens de contracter une blessure, je vais pouvoir récuperer malgré moi et de ce fait, écrire mon récit.

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Donc me voilà parti pour Grust, un petit village au dessus de Luz-Saint-Saveur dans les Pyrénées avec ma fille, ma femme et ma mére, mes trois fans les plus assidues, deux jours avant afin de bien prendre notre temps pour profiter un peu de l’environnement et de ne pas cumuler de stress avec le voyage.

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Jeudi, nous en profitons donc pour faire une balade au plateau de Lienz, et je profite de l’occasion pour faire une sortie de 1h15 jusqu’au col d’Ayré pour me mettre un peu de denivelé positif et négatif dans les jambes avec de l’intensité. Je ne suis pas allé à la montagne depuis septembre dernier, et ce fût un très bon rappel. Les côtes sur lesquelles je m’entraine à Bordeaux ne pourront jamais remplacer la « montagne » aussi bien en descente qu’en montée.

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Vendredi, nous avons fais de même, une bonne balade autour du lac des Gloriettes, jusque là nous avons de la chance, le soleil est au rendez-vous. Puis dans l’aprés midi, nous nous rendons sur Gavarnie pour récupérer mon dossard. Je sens que je suis au pied de mon plus grand Trail en montagne tant par la distance que par le dénivelé positif (42.7 km avec 3000 md+). Et je peux vous assurer que, autant j’étais serein pour mon premier marathon ( d’atteindre la ligne d’arrivée ) que là j’étais plus inquiet.

J’ai la pression !!

Le soir, veille de course, je prépare mon équipement au calme, je me mets dans une bulle afin de ne prendre aucun stress. Le départ de la course est à 6h00 du matin et j’ai 35 min de voiture pour me rendre sur place, si je rajoute l’échauffement, il me faut arriver à 5h15 pour être parfaitement serein avant le départ, donc autant vous dire que le reveil va sonner tôt ( 3h45 ) .Au diner je mange un filet de poulet avec des pâtes complétes et je file au lit.

3h00 le réveil sonne, sans broncher je me léve et je mange deux tiers de mon gâteau energétique, aussitôt je replonge dans mon lit pour 45 min.

3h45 le réveil sonne à nouveau,  » mais cela fait 5 min que je me suis recouché ?  » non, il est bien 3h45… c’est parti, c’est le jour J ! Ce soir si je réussis, je me sentirais plus grand et fier de mon exploit. Après m’être préparé, je m’échappe en douceur vers Gavarnie. A cette heure-ci, une belle lune illimunine les montagnes, tant mieux cela envisage une belle journée… chaude.

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Une fois sur place, je m’équipe de mon camelbak, et je me lance dans mon échauffement. Dans 30 minutes, je vais m’élancer sur ma plus belle course en trail running et je me sens bien, sans crainte, peut-être que l’amour et le respect que je porte à la montagne y sont pour quelque chose, je me sens comme dans un cocon.

6h00 !!

Allez le départ est donné, je pars pour une boucle de 42,7 km avec 3000 md+ !

Beaucoup de trailers avec l’euphorie partent vite, je me fais doubler par beaucoup de coureurs, mais je ne m’alarme pas , la course est longue, je veux arriver au bout, il y aura de nombreux obstacles à monter. Sur ce profil de course, il faut gérer ses efforts, il ne faut pas que j’essaie de déployer de la vitesse mais plutôt que je sois endurant… jusqu’à la fin. Les cinq premiers kilométres sont faciles, le début du parcours nous fait traverser Gavarnie, c’est relativement plat (127 md+) , et cela permet de faire tourner les jambes sur un rythme cool et de finir l’échauffement avant d’arriver dans le dur.

Puis je sors de la route pour prendre un sentier, la course commence maintenant !

Plus personne ne court, tout le monde marche, assez rapidement quand même, je pense que mis à part les élites, nombreux sont ceux qui vont adopter ma stratégie, s’économiser en montée et courir sur les faibles pourcentages de pentes et les descentes.

Sacrément pentu tout de même, la première difficulté de ce marathon fût l’ascension du Pic de la Pahule, 3 km avec 830 md+ ( presque un km vertical ) , heureusement qu’il est encore tôt, il ne fait pas trop chaud, c’est dur mais je me cale bien avec mes batons, je manque deux ou trois fois de partir en arrière avec des appuis fuyants, faut dire que la dernière partie est trés raide… 50 %. Aprés 8km et 950 md+ J’arrive en haut du pic en 1h26min , j’ai fait un tiers du dénivelé et je me sens encore frais.

Et j’amorce la première descente jusqu’au premier ravito à la station de Gavarnie. Je m’arrête deux minutes, je prends un gel, je mange un bout de banane, je rempli une flask et je repars, pour le moment tous les voyants sont au vert.

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Je repars sur une partie un peu transitoire, montée et descente avec de faible pourcentage, mais il fallait avoir les chevilles solides. En effet à partir de là, il y avait très peu de sentier, essentiellement des pâturages, courir dans des mottes d’herbe avec des pierres bien dissimulées, des descentes techniques sont sans cesse à 45 degrès, c’est très exigeant pour les jambes et usant sur le mental.

Je rejoins le deuxiéme ravito  » la Cabane de Mihas  » au bout de 15,6 km et 1270 md+ en 2h29min. Même opération, un gel, un peu de solide, je remplis mes deux flask et je repars.

Cette fois ci la fatigue se fait ressentir, mais je me sens bien et tant mieux parce que maintenant, j’ai le col d’Aspé à monter 2,7 km avec 590 md+, 30 % de pente en moyenne. Cela tire trop sur les mollets, impossible d’aligner des foulées. Le soleil fait son apparition, il fait chaud, pour cette montée je commence à puiser dans le mental. Je me fais doubler par quelques concurrents, je prends un coup au moral, mais je me laisse pas aller, je lâche rien et j’avance sans m’arrêter. Le col d’Aspé fait son apparition, 47 min !

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Je suis à 3h15min de course, alors sans broncher j’attaque la descente, je me sens mieux que certains sur cette partie puisque les mêmes qui m’ont doublé dans l’ascension je les rattrappe sur la descente. Et c’est parti, pour une descente de 10 km avec 900 md- pour rejoindre le troisiéme ravito aux  » Granges de Saugué « , il y a pas de difficulté particulière mais c’est toujours aussi usant de courir dans ces pâturages à vaches.

J’atteinds les granges en 4h13min, physiquement je me sens touché, cette fois-ci je prends mon temps au ravito, mon objectif est d’atteindre la ligne d’arrivée alors je détends un peu mes jambes… 6min d’arrêt.

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Je vais mieux, cette pause m’a fait le plus grand bien, allez encore 2.5 km avec une petite côte de 90 md+ et je suis au quatrième ravito de Gavarnie. Et pourtant cette petite portion m’a fait douté, deux crampes au ischio jambier, il n’y a rien à faire a part s’arrêter, tendre la jambe et attendre que cela aille mieux. J’ai peur de devoir abandonner mais je sais que ma petite tribu m’attends à Gavarnie, alors je m’accroche et tant bien que mal je les retrouve au bout de 30 km avec 2000 md+ en 4h42min.

Que je suis heureux d’avoir déjà réalisé cette partie du marathon, il est plus question de barrière horaire désormais, ma famille m’encourage de toute leur force, je refais le plein d’energie positive et quand ma femme me dit:  » Tu es 58 ème ! « 

J’en crois pas mes oreilles!!! Il est vrai que je donne le meilleur de moi-même, mais je ne pensais pas être aussi bien classé. Je deviens euphorique à l’idée de finir mon premier marathon en montagne sur cette position, nous étions 500 au départ.

Voilà je suis au pied du dernier obstacle, atteindre le  » Pain de Sucre « . Une ascension de 7 km avec 1010 md+. La premiére partie est un chemin forestier de 3 km, j’ai plus rien dans les jambes en montée, mais je me convains de faire un effort sur cette partie.Si je peux mettre de la distance avec ceux qui sont derriére moi c’est bien ici. Alors je monte ce chemin en mode fractionné, je cours sur 200 m comme je peux et je récupére sur 100 m en marchant. C’est une technique qui marche bien, j’arrive au bout en 40 min et 370 md+ de plus dans les cuissots. Par ailleurs, le dernier ravito s’y trouve. Contrairement aux autres ravitos, je vais assez vite pour m’alimenter et m’hydrater, je veux vraiment garder mon classement. Le simple objectif d’être finisher est déjà extra mais si je peux faire un joli classement, se serait la cerise sur le gâteau.

Et c’est là, au 36 ème km que le voyage interieur commence. Les trois derniers km avec 620 md+, à bout de force, je donne tout ce que j’ai dans cette ascension finale, il fait une chaleur torride, j’ai chaud, j’avance sans même savoir comment, il est clair que mon plus fidèle allié sur cette montée était mon mental. Ce fût interminable, sur la derniére côte (50 % ), je me souviens avoir laché quelques larmes… j’ai traversé l’enfer !

J’arrive au sommet, 39 km avec 3046 md+ en 6h46min, je me sens soulagé, je sais que désormais j’ai mon ticket pour la ligne d’arrivée en poche même les 3,5 km avec 900 métres de descente n’auront pas raison de moi.

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Je vous en ai déjà parlé lors de mon récit sur le marathon de Bordeaux, le cerveau peut avoir une puissance fulgurante sur le corps et trouver des forces cachées quand il sait que l’on arrive à la fin. Ce fût le cas, cette descente cassait encore un peu plus mes quadriceps, mais je tenais bon, pas de crampes, et je déroule ces 3 derniers km sans broncher mais qui furent tout de même long.

Quand j’arrive à Gavarnie, il me reste 500 m pour atteindre la ligne d’arrivée, je prends mon temps, je veux apprécier ce moment, je sais que j’ai réussi ma deuxiéme marche avant le Grand Raid des Pyrénées, le public nous encourage a coup de  » Bravo !! « , un vrai régale !!

J’aperçois ma femme et ma fille qui courent les cent derniers métres avec moi, je vois ma mère m’attendre sur la ligne d’arrivée, je la franchis avec des larmes de joie.

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Quel bohneur !! J’ai tant d’émotion qui me traverse le corps, je l’ai fait !! le Marathon de Gavarnie, 42.7 km avec 3030 md+ en 7h21min et je finis 58 ème sur 500 trailers au départ sans pépin physique.

Bien plus qu’à Bordeaux, l’émotion était immense, réaliser cette distance avec mon premier amour « La Montagne » fût ma plus grande fierté sportive.

Usé et fatigué, je manque pas d’embrasser les miens, ma fille, ma femme, ma mère qui m’ont soutenu sur ce marathon et, qui m’ont apporté une assistance, avant ,pendant et après, sans faille.

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J’ai réussi à monter ma deuxiéme marche et maintenant je sais que je vais pouvoir me préparer sereinement et sérieusement pour le Grand Raid des Pyrénées :« le Tour des Lacs 80 km – 5000 md+ « .

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